Dépersonnalisation et Déréalisation : Comment s’en sortir ?

Vous souffrez de dépersonnalisation ou déréalisation et vous vous demandez si on peut vraiment s’en sortir ? Je vous comprends c’est un trouble très perturbant à vivre, et le temps pour obtenir un diagnostic peut être très long, car ce trouble est peu connu des médecins. On a l’impression de devenir fous ou de ne plus être soi-même, et on craint de ne jamais redevenir normal. Mais rassurez-vous vous allez bien et vous pouvez vous en sortir. Nous allons voir dans cet article pourquoi on vit de la dépersonnalisation/déréalisation, et comment s’en sortir.

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Qu’est-ce que la déréalisation et dépersonnalisation ?

La dépersonnalisation et la déréalisation sont deux phénomènes normaux, mais assez étranges à vivre. On regroupe souvent les deux ensembles mais voici la différence majeure : lors de la dépersonnalisation, c’est notre corps et notre personne qui nous semblent bizarres et irréels. Lors de la déréalisation, c’est le monde autour de nous qui nous semble bizarre et irréel.

Déréalisation :

Quand on déréalise, on a l’impression d’être détaché de son environnement, du monde autour de soi. On peut avoir l’impression d’être dans un brouillard, séparé du monde par un voile ou un panneau de verre.

On se sent comme si on était dans un rêve, on a l’impression que ce n’est pas réel, on se sent détaché et éloigné de ce qui se passe devant nous.

Le monde autour de nous peut nous paraître étrange, différent de d’habitude, comme artificiel. Les couleurs, les objets et les sons peuvent être déformés.

La perception du temps peut également varier, allant beaucoup plus vite ou beaucoup plus lentement que d’habitude.

C’est très perturbant à vivre car on se rend bien compte qu’il y a un problème et que ce n’est pas comme d’habitude.

Dépersonnalisation :

Lorsqu’on est en dépersonnalisation, on a cette fois l’impression d’être détaché de son propre corps, un peu comme si on observait son corps et sa vie de l’extérieur.

On peut se sentir comme un robot, coupé de ses sensations et émotions, coupé de son corps et de ses pensées. On a l’impression de ne rien contrôler, on se sent comme anesthésié.

C’est là aussi très perturbant à vivre puisqu’on se rend également bien compte qu’il y a un problème.

Est-ce grave ?

Avoir des épisodes de déréalisation ou dépersonnalisation arrive de temps en temps à tout le monde (on estime près de 50% de la population). Cela se produit sous forme d’impressions temporaires qui ne durent pas, et on ne s’en rend pas forcément compte.

Mais quand cela devient chronique et handicape la vie quotidienne, on parle alors de trouble DP/DR (trouble de dépersonnalisation/déréalisation). C’est un trouble qui est défini dans le DSM-V (c’est un manuel américain qui définit des critères de diagnostique pour les troubles mentaux) comme suit :

«Trouble dissociatif, caractérisé par des :


  • Expériences prolongées ou récurrentes de dépersonnalisation, de déréalisation, ou bien des deux :
  • Dépersonnalisation : Expériences d’irréalité, de détachement, ou bien d’être un observateur extérieur de ses propres pensées, de ses sentiments, de ses sensations, de son corps ou de ses actes (p. ex. altérations perceptives, déformation de la perception du temps, impression d’un soi irréel ou absent, indifférence émotionnelle et/ou engourdissement physique)
  • Déréalisation : Expériences d’irréalité ou de détachement du monde extérieur (p. ex. les personnes ou les objets sont ressentis comme étant irréels, perçus comme dans un rêve, dans un brouillard, sans vie ou bien visuellement déformés).
  • Pendant les expériences de dépersonnalisation ou de déréalisation, l’appréciation de la réalité demeure intacte.
  • Les symptômes sont à l’origine d’une détresse cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.
  • La perturbation n’est pas imputable aux effets physiologiques d’une substance (p. ex. une drogue donnant lieu à un abus, un médicament) ou à une autre affection médicale (p. ex. des crises comitiales).
  • La perturbation n’est pas mieux expliquée par un autre trouble mental, comme une schizophrénie, un trouble panique, un trouble dépressif caractérisé, un trouble stress aigu, un trouble stress post-traumatique ou un autre trouble dissociatif. »
  • Les professionnels estiment que ce trouble touche environ 2% de la population, ce qui est un chiffre assez élevé. Si vous en souffrez, vous avez peut-être l’impression d’être le seul car personne n’en parle, et encore moins les médias grand public. De plus, les médecins et psychiatres ne connaissent pas forcément ce trouble et il faut parfois des années avant d’être diagnostiqué. Vous n’êtes pas seuls.

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    Pourquoi développe-t-on un trouble de la dépersonnalisation ou déréalisation ?

    Un trouble de dépersonnalisation/déréalisation peut apparaître après une période de grande fatigue, de prise de drogues, de stress sévère, de dépression, de crises d’angoisse ou d’anxiété. Parfois, il suit un traumatisme comme une exposition à un grand danger (notre vie était en danger), des maltraitances, des violences, des décès brutaux…mais pas forcément.

    Dans plus d’un quart des cas de trouble de dépersonnalisation/déréalisation, le stress ne peut pas être identifié.

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    Le cerveau, après avoir subi des émotions fortes, décide de se protéger de ces émotions fortes et de ces dommages en se « bloquant ». Selon ce site , le cerveau libère de la morphine et de la kétamine pour faire « disjoncter » le système d’alarme du cerveau (réaction combat-fuite) . L’amygdale est isolée et donc moins réactive, les hormones du stress (adrénaline, cortisol) cessent d’être produites en si grandes quantités. On a alors l’impression de devenir spectateurs de sa vie, comme dissocié. C’est extrêmement perturbant à vivre car on ne se reconnaît plus, parfois du jour au lendemain.

    Est-ce que je deviens fou ?

    Après avoir ressenti de la déréalisation ou de la dépersonnalisation pendant un certain temps, on peut finir par avoir peur d’être en train de devenir fou. Rassurez-vous : non pas du tout !

    Vous n’êtes pas fous, vous n’allez pas devenir fous. Les « vrais fous » ne se rendent pas compte qu’ils sont fous d’ailleurs.

    La différence entre les hallucinations d’un trouble psychotique et la dépersonnalisation/déréalisation c’est que dans le deuxième cas on réalise qu’il y a quelque chose d’étrange et on a conscience que la sensation de détachement n’est pas réelle.

    Un trouble DP/DR n’est pas non plus précurseur de schizophrénie ou d’une autre maladie.

    Rassurez-vous, vous n’avez pas non plus de dommages au cerveau. Tout va bien. Même si le cerveau se « bloque » pour se protéger, c’est tout à fait irréversible et sans dommages.

    Mais même si tout va bien, c’est quand même franchement perturbant ces symptômes. Alors comment faire pour stopper la dépersonnalisation et déréalisation ?

    Comment se sortir d’un trouble de dépersonnalisation/déréalisation ?

    Le cercle vicieux de l’anxiété

    Connaissez-vous le cercle vicieux de l’anxiété ? Pour faire simple, plus on a peur de la dépersonnalisation ou déréalisation et plus elles vont augmenter.

    Mais pourquoi donc me direz-vous ? Car la dépersonnalisation et la déréalisation sont causées par le stress et l’anxiété. Et en ayant peur, on va créer encore plus de stress, de tension et d’anxiété, donc forcément plus de dépersonnalisation et déréalisation. C’est un cercle vicieux car il est facile de rentrer dans ce piège et difficile d’en sortir. Plus on cherche à se débarrasser de l’anxiété et de la dépersonnalisation/déréalisation, plus elles vont rester et s’installer.

    Si on en avait pas peur, la dépersonnalisation et la déréalisation disparaîtraient naturellement, car le cerveau finirait par se « guérir » et désactiverait la protection. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe lors des épisodes ponctuels de ce type, que l’on ressent de temps à autre sans conséquence.

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    Mais alors comment cesser d’en avoir peur et laisser le cerveau se guérir tout seul ?

    Comment sortir du cercle vicieux de l’anxiété pour guérir naturellement la dépersonnalisation et déréalisation

    Il est déjà important d’avoir bien conscience :

    • Que l’on n’est pas en danger
    • Que ce n’est pas dangereux
    • Qu’on n’est pas fous, et qu’on ne devient pas fous. Qu’il ne s’agir pas de crise psychotique ou d’hallucinations
    • Que ce n’est pas grave et il n’y a aucun impact sur le cerveau
    • Que cela finira par s’arrêter et par passer

    L’idée est de dédramatiser un maximum la situation, de relativiser.

    Pour guérir, il faut cesser d’être focalisé en permanence sur les sensations de dépersonnalisation ou déréalisation, « sortir » de sa tête, cesser d’être concentré sur soi et ses symptômes pour se concentrer sur autre chose.

    Il faut essayer un maximum de reprendre une vie normale, de faire « comme si » on n’avait pas cette dépersonnalisation/déréalisation.

    Quand les symptômes arrivent, il faut relativiser et continuer son activité comme si de rien n’était.

    L’idéal est d’avoir une activité qui nous plaît et nous permet d’être 100% concentré dessus, d’être dans un état de « flow », d’être si absorbé par l’activité que l’on s’oublie totalement et on oublie nos problèmes.

    Décidez de vivre ainsi maintenant : en dédramatisant et en vous concentrant sur d’autres activités. Et arrêtez de vérifier plusieurs fois par jour comment vous allez et si les sensations d’irréalité sont présentes ou non.

    Vivre le moment présent

    C’est un conseil que je donne souvent sur ce blog, tellement il est important dans tous les domaines et toutes les problématiques. Et c’est aussi un conseil très difficile à appliquer tellement on n’a pas l’habitude de le faire, et en plus on ne nous a jamais appris non plus à le faire.

    Vivre le moment présent, c’est être à 100% concentré sur ce qui se passe ici et maintenant.

    Vivre le moment présent c’est :

    • ne pas vivre dans le passé (les regrets, les remords, la nostalgie…)
    • ne pas vivre non plus dans le futur (les inquiétudes, les angoisses sur le futur…). Et c’est difficile car nous les anxieux on vit beaucoup dans le futur.

    La première étape c’est déjà de prendre conscience que notre attention et notre esprit sont partis ailleurs, dans un passé déjà passé, ou dans un futur hypothétique.

    Avec de l’entraînement, on arrivera de plus en plus facilement à en prendre conscience, ce qui nous permettre de choisir de vivre consciemment l’instant présent. Vivre l’instant présent c’est être 100% absorbé par la tâche en cours, que cela soit du travail, un loisir, une tâche ménagère…Toute notre attention est concentrée sur cette tâche.

    Un moyen simple et très efficace de revenir rapidement au moment présent s’appelle l’exercice des 5 sens. C’est un exercice dont je parle dans mon Guide gratuit 6 actions pour diminuer l’anxiété et stopper les crises d’angoisse que vous pouvez télécharger ci-dessous :

    Si cela vous tente, la méditation de pleine conscience est bien sûr un excellent moyen de renforcer son « muscle » de l’attention et de l’instant présent. Méditer, c’est s’entraîner tous les jours à être, à observer ce qui se passe sans réagir, à se concentrer sur sa respiration ou sur un mot.

    L’acceptation et le lâcher-prise pour s’en sortir

    Accepter et lâcher-prise c’est accepter de vivre des épisodes de dépersonnalisation ou déréalisation en ce moment, accepter que c’est ainsi pour l’instant. Attention ce n’est pas se résigner, abandonner, ou laisser tomber mais accepter qu’il en soit ainsi pour le moment, dans votre moment présent, au moment où vous lisez ces lignes. Lâcher-prise c’est ne pas refuser cette réalité, ou la juger (je ne devrais pas ressentir cela, je ne suis pas normal…), ce qui ne fait qu’entretenir et perpétuer la dépersonnalisation/déréalisation.

    Si vous souhaitez plus de détails sur ce concept difficile à appliquer, je vous invite à lire mon article sur le lâcher-prise.

    La relaxation pour diminuer le niveau de stress et tensions

    La relaxation, tout comme la méditation ou l’acceptation, est un de ces outils multifonctions qui fonctionne pour plusieurs troubles anxieux.

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    Se relaxer c’est activer consciemment le système nerveux parasympathique, la pédale de frein du système nerveux. C’est activer une détente profonde en soi, une détente qui permet au cerveau et au corps de guérir et d’aller mieux.

    Comme la dépersonnalisation ou déréalisation est créée par le cerveau qui a subi trop de stress, se relaxer permet de diminuer le niveau de stress et donc d’apaiser le cerveau. Pour voir un effet, il faut le faire tous les jours sans exception.

    Voici plusieurs façons de se relaxer :

    • Hypnose
    • Auto-hypnose, avec des audios ou vidéos sur internet
    • Audios ou vidéos de relaxation guidée sur internet
    • On peut aussi utiliser des applications, ou des outils sans wi-fi comme Morphée Box
    • Prendre un bain chaud ou une douche chaude
    • Et encore plein d’autres solutions possibles

    L’importance du mode de vie

    Une piste à explorer : le mode de vie.

    Ce que j’entends par là, c’est ce que nous mangeons, ce que nous buvons, ce que nous faisons régulièrement. Tout peut avoir un impact sur les angoisses.

    Essayez de boire régulièrement de l’eau, de manger correctement, de bien dormir. Ca a l’air franchement bête dit comme ça, mais je vous jure que cela a un impact très important et que tout démarre par prendre soin de soi correctement.

    Diminuez votre temps passé sur les écrans : télé, smartphone, réseaux sociaux. Tout cela nous coupe de la vraie vie. Je vous conseille d’éviter de passer trop de temps sur les forums et groupes facebook sur le sujet, car ils sont très négatifs. Il y a beaucoup plus de posts de personnes désespérées que de posts de personnes guéries.

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    Allez plutôt dehors marcher, vous promener, faire du vélo…Sortir dans la nature aide vraiment à se sortir de la dépersonnalisation/déréalisation.

    Faire du sport peut aussi aider à diminuer le niveau de stress, de tensions, à diminuer les pensées négatives et à faire la paix avec son corps et ses symptômes.

    Peut-on s’en sortir avec les thérapies et médicaments ?

    Comme d’habitude avec les troubles anxieux, si vous devez choisir une thérapie à suivre pour aller mieux, je vous conseille la Thérapie Cognitive et Comportementale, souvent abrégée en TCC. Elle permet de travailler sur les pensées (cognitions) et sur les comportements adoptés face aux émotions.

    Quant aux médicaments, sachez que selon ce site, les anxiolytiques et antidépresseurs, très souvent prescrits en cas de trouble anxieux, n’ont pas prouvé leur efficacité face à la dépersonnalisation/déréalisation. Pire, toujours selon ce site,, ils peuvent même aggraver la dépersonnalisation/déréalisation puisqu’il s’agit d’un effet secondaire possible de ce type de médicaments. Quand on prend des médicaments, c’est pour résoudre le problème, pas pour l’empirer.

    Dépersonnalisation/déréalisation : comment s’en sortir ?

    Vous souffrez de dépersonnalisation et/ou déréalisation et vous vous demandez s’il est possible de s’en sortir. Vous êtes perdus, vous avez peur d’avoir un grave problème. De plus, vous craignez de ne jamais récupérer votre vie d’avant et d’être bloqué à tout jamais dans ce monde étrange. Pour avoir vécu des épisodes de déréalisation, comme je vous comprends ! C’est extrêmement perturbant. Heureusement, il est possible de s’en sortir et c’est ce que nous avons vu dans cet article. Si c’est trop compliqué et que vous ne savez pas par où commencer, commencez par améliorer votre mode de vie et par faire « comme si » la dépersonnalisation ou la déréalisation n’existaient pas, pour vous concentrer à 100% sur vos activités. Ne restez pas à rien faire ou à ressasser, mais occupez-vous.

    FAQ Dépersonnalisation déréalisation on s’en sort ?

    Qu’est-ce que la déréalisation ?

    C’est une impression d’être détaché du monde extérieur. Le monde paraît étrange, lointain, bizarre, pas comme d’habitude. On se sent éloigné et coupé du monde.

    Pourquoi je suis toujours ailleurs ?

    Il peut s’agir de dépersonnalisation ou déréalisation mais il faut bien sûr en parler à un médecin pour avoir un diagnostic.

    Comment faire pour calmer l’angoisse ?

    Accepter, lâcher-prise, se relaxer, relativiser…de nombreuses solutions sont possibles et c’est tout le but de ce site 🙂

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