3 habitudes qui vous rassurent mais qui entretiennent l’anxiété (sans que vous vous en rendiez compte)

Vous faites des efforts, vous cherchez des solutions, vous essayez de « bien faire »… et pourtant, votre anxiété revient sans cesse. Dans cet article, vous allez découvrir trois habitudes très courantes chez les personnes anxieuses, que vous avez probablement déjà adoptées pour vous rassurer, mais qui, en réalité, entretiennent votre anxiété et vous enferment dans un cercle vicieux.

Ces comportements sont naturels, logiques, et vous les avez mis en place avec une bonne intention : aller mieux. Mais à force, ils peuvent devenir problématiques et vous empêcher de retrouver une vraie liberté intérieure.

Cet article est inspiré de cette vidéo :


Pourquoi certaines habitudes « rassurantes » entretiennent l’anxiété

Quand on souffre d’un trouble anxieux (anxiété généralisée, trouble panique, crises d’angoisse, TOC, etc.), on supporte très mal de se sentir anxieux. C’est humain : on veut que ça s’arrête, on veut se sentir mieux, on veut que l’angoisse disparaisse.

Alors on met en place des stratégies pour :

  • se rassurer,
  • trouver des solutions,
  • se calmer à tout prix.

Le problème, c’est que ces stratégies, lorsqu’elles deviennent excessives ou systématiques, envoient un message puissant à votre cerveau : « L’anxiété est dangereuse, je ne suis pas capable de la gérer seul·e, il faut absolument l’éliminer. »

Résultat : plus vous cherchez à faire disparaître l’anxiété à tout prix, plus elle prend de la place. C’est ce qu’on appelle le paradoxe de l’anxiété.


Habitude n°1 – Chercher constamment à se rassurer

A quoi cela ressemble au quotidien

Cette première habitude qui entretient l’anxiété, c’est la recherche constante de réassurance. Concrètement, cela peut prendre plusieurs formes :

  • Googler vos symptômes : « Est-ce que c’est normal ? », « Est-ce que c’est lié à l’anxiété ou à quelque chose de grave ? »
  • Passer des heures sur des forums ou des groupes Facebook à lire des témoignages, à vous comparer, à chercher LA réponse magique.
  • Contacter systématiquement un proche dès que l’angoisse monte : SMS, appels, messages pour être rassuré·e.
  • Regarder compulsivement des vidéos, des posts, des témoignages de personnes qui s’en sont sorties, en espérant trouver enfin « la » solution miracle.

Pourquoi cela entretient votre anxiété

Sur le moment, ces comportements peuvent soulager. Vous lisez quelque chose qui vous rassure, vous parlez à quelqu’un qui vous dit « ça va aller », et pendant quelques heures, vous vous sentez mieux.

Mais très vite, l’anxiété revient. Et là, vous avez à nouveau besoin de :

  • retaper vos symptômes sur Google,
  • relire des témoignages,
  • recontacter quelqu’un.

Peu à peu, vous vous habituez à ne plus gérer votre anxiété seul·e. Vous envoyez à votre cerveau le message suivant :

« L’anxiété, c’est horrible. Je ne suis pas capable de la gérer sans aide extérieure. J’ai besoin qu’on me dise que ça va, que je ne deviens pas fou/folle, que mes symptômes sont normaux. »

À long terme, cela :

  • renforce la croyance que vous n’êtes pas capable de gérer vos émotions,
  • abîme la confiance en vous et l’estime de vous-même,
  • vous rend dépendant·e de sources extérieures (Google, proches, réseaux sociaux) pour vous sentir en sécurité.

C’est ainsi que cette habitude, mise en place pour vous rassurer, finit par entretenir votre anxiété.


Habitude n°2 – Être en recherche permanente de solutions

A quoi cela ressemble au quotidien

La deuxième habitude qui entretient l’anxiété, c’est d’être en quête constante de nouvelles solutions, au point que cela devienne une obsession.

Cela peut se manifester par :

  • Lire énormément de livres sur l’anxiété, le développement personnel, sans vraiment appliquer ce que vous lisez.
  • Tester sans cesse de nouvelles applications anti-stress, de nouveaux audios de relaxation, de méditation, de « régulation du système nerveux ».
  • Passer des heures sur YouTube, les podcasts, Instagram, TikTok à consommer du contenu sur l’anxiété, les crises d’angoisse, les techniques pour se calmer.
  • Enchaîner les consultations : psychologue, psychiatre, sophrologue, kinésiologue, etc., en cherchant toujours « autre chose ».
  • Acheter de nouvelles formations sur l’anxiété sans prendre le temps de les appliquer jusqu’au bout.

On appelle souvent cela le syndrome de l’objet brillant : dès qu’une nouvelle méthode apparaît, elle semble plus prometteuse que celle d’avant, alors on abandonne ce qu’on avait commencé pour se jeter sur la nouveauté.

Pourquoi cela entretient votre anxiété

Le problème n’est pas de s’informer ni de chercher de l’aide. Le problème, c’est quand cette recherche devient :

  • permanente,
  • obsessive,
  • motivée par l’envie d’éliminer l’anxiété « comme par magie ».

Dans cette logique, dès que l’anxiété revient, vous vous dites :

« Cette méthode était nulle, ce n’était pas la bonne. Il faut que je trouve autre chose. »

Et vous repartez à zéro, sans laisser le temps aux outils d’agir.

De plus, cette recherche permanente a un autre effet pervers : elle fait de l’anxiété le centre de votre vie. Vous vous levez en scannant vos symptômes, vous planifiez vos journées en fonction de votre niveau d’angoisse, vous passez vos soirées à chercher des solutions.

Résultat : l’anxiété prend toute la place. Vous ne vivez plus, vous « gérez » votre anxiété du matin au soir.


Habitude n°3 – Essayer de se calmer à tout prix

A quoi cela ressemble au quotidien

La troisième habitude qui entretient l’anxiété, c’est de chercher à se calmer à tout prix dès que l’angoisse pointe.

Cela peut prendre de nombreuses formes :

  • Exercices de respiration, cohérence cardiaque, parfois utilisés de façon compulsive.
  • Distraction systématique : séries, réseaux sociaux, téléphone, musique, nourriture, pour ne pas ressentir.
  • Mantras rassurants : « Ça va aller, calme-toi, ça va passer », répétés en boucle.
  • Méditation utilisée comme une technique d’urgence pour « ne plus rien ressentir ».
  • Auto-surveillance constante : scanner son corps, vérifier si l’anxiété monte, pour intervenir tout de suite.
  • Évitement : quitter un magasin, une soirée, un rendez-vous, éviter le métro, le TGV, l’avion, certaines activités par peur d’angoisser.

Pourquoi cela entretient votre anxiété

Encore une fois, le problème n’est pas d’utiliser ces outils en soi. Le problème, c’est l’intention avec laquelle vous les utilisez.

Quand vous faites ces exercices avec l’objectif :

« Je dois absolument me calmer maintenant, sinon c’est grave »,

vous êtes en lutte contre l’anxiété. Vous lui envoyez le message qu’elle est dangereuse et inacceptable.

Or, quand l’anxiété est forte (voire en pleine crise d’angoisse), il est physiologiquement très difficile de se calmer « sur commande ». L’adrénaline et le cortisol sont élevés, votre corps est en mode survie.

Si vos techniques ne fonctionnent pas à ce moment-là, vous pouvez :

  • vous en vouloir (« Je suis nul·le, je n’arrive à rien »),
  • penser que la méthode est nulle,
  • vous dire que vous êtes un cas désespéré.

Vous ajoutez alors de la culpabilité, de la tristesse, de la colère… à l’anxiété. Vous n’êtes plus simplement anxieux·se, vous êtes anxieux·se d’être anxieux·se.

C’est ainsi que cette tentative de contrôle, mise en place pour vous protéger, finit par amplifier votre souffrance et entretenir votre anxiété.


Que faire à la place de ces habitudes qui entretiennent l’anxiété ?

Si vous vous reconnaissez dans ces trois habitudes, vous vous demandez sûrement : « Alors on fait quoi ? On reste comme ça ? On se résigne ? »

Non, il ne s’agit pas de se résigner. Il s’agit de changer de posture face à l’anxiété.

Commencer par observer ces habitudes

La première étape est de prendre conscience de ces comportements :

  • Quand avez-vous envie de vous rassurer ?
  • Quand passez-vous en mode « recherche de solution » ?
  • Dans quelles situations cherchez-vous à vous calmer à tout prix ?

Simplement remarquer ces envies, sans les juger, est déjà un premier pas.

Laisser un espace entre l’envie et l’action

Au lieu de céder immédiatement à l’envie de :

  • googler vos symptômes,
  • contacter quelqu’un,
  • lancer un exercice de respiration,

vous pouvez essayer de créer un petit temps de latence :

  • respirer une fois consciemment,
  • observer ce qui se passe en vous (pensées, émotions, sensations),
  • vous dire : « Je remarque que j’ai envie de me rassurer / de me calmer. »

Cela ne signifie pas que vous ne le ferez jamais, mais vous commencez à ne plus être piloté·e automatiquement par l’anxiété.

Changer de perception : de la lutte à l’acceptation

L’approche que je privilégie, et qui est au cœur de ma formation, s’inspire de la thérapie ACT (thérapie d’acceptation et d’engagement).

L’idée n’est pas de chercher à supprimer l’anxiété, mais de :

  • comprendre comment elle fonctionne,
  • dédramatiser les symptômes,
  • apprendre à lui faire de la place sans la combattre,
  • agir selon vos valeurs, même si l’anxiété est là.

Concrètement, cela signifie :

  • ne plus attendre que l’anxiété disparaisse pour vivre,
  • reprendre peu à peu des activités qui comptent pour vous,
  • accepter que l’anxiété puisse être présente, sans qu’elle décide de vos choix.

C’est contre-intuitif, et pourtant, c’est souvent là que le changement opère : plus vous arrêtez de lutter contre l’anxiété, plus elle perd de son pouvoir.


Pourquoi l’acceptation aide à sortir du cercle anxieux

L’acceptation ne veut pas dire :

  • « Je me résigne à être anxieux·se toute ma vie »,
  • « Je fais avec, tant pis ».

L’acceptation, dans cette approche, c’est :

  • reconnaître que l’anxiété fait partie de votre expérience,
  • arrêter de la considérer comme un ennemi à éliminer,
  • lui laisser sa juste place, sans la laisser décider de votre vie.

Quand vous arrêtez de :

  • vous rassurer en permanence,
  • chercher désespérément une nouvelle solution,
  • essayer de vous calmer à tout prix,

vous sortez progressivement du cercle vicieux. Vous reprenez du pouvoir sur votre vie. Et paradoxalement, c’est souvent là que l’anxiété commence à diminuer.


Vous vous reconnaissez dans ces habitudes ?

Si vous vous dites :

  • « Oui, je passe mon temps à chercher des solutions, mais je n’ai pas de résultats durables »,
  • « J’en ai marre de courir après mon anxiété »,
  • « Je sens que la vraie réponse n’est pas dans encore plus de techniques pour me calmer »,

alors vous êtes probablement prêt·e à explorer une autre voie.

C’est exactement ce que je vous propose dans ma formation « Se libérer de l’anxiété ».

Dans cette formation, on ne cherche pas à vous donner des outils pour vous calmer à tout prix. On travaille plutôt sur :

  • la compréhension de l’anxiété,
  • la peur de la peur,
  • la résistance, la lutte et l’évitement,
  • la reprise progressive de votre vie, selon vos valeurs.

L’objectif n’est pas de ne plus jamais être anxieux·se (c’est impossible et ce n’est pas le but), mais de :

  • sortir du trouble anxieux,
  • retrouver une anxiété « normale »,
  • ne plus être bloqué·e par vos émotions,
  • prendre des décisions et avancer, même si l’anxiété est parfois là.

FAQ – Habitudes qui entretiennent l’anxiété

Est-ce que se rassurer est toujours mauvais ?

Non. Demander de l’aide, s’informer, chercher des solutions, ce n’est pas mauvais en soi. Le problème survient quand cela devient systématique, excessif et motivé par la peur de l’anxiété.

Comment savoir si je suis dans la lutte contre l’anxiété ?

Quelques signes :
Vous cherchez à faire disparaître l’anxiété le plus vite possible.
Vous vous en voulez quand une technique ne fonctionne pas.
Vous évitez des situations par peur d’angoisser.
Vous passez beaucoup de temps à penser à votre anxiété.

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